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Histoire : Fernand de Magellan

Fernand de Magellan – en portugais Fernão de Magalhães– est le plus célèbre des navigateurs, et son voyage la plus fascinante des expéditions maritimes jamais entreprises. De ce périple, nous avons un témoignage exceptionnel : celui de l’Italien Antonio Pigafetta, mais il n’est pas le seul. Il existe en effet au moins 25 autres témoignages directs, qui ont été réunis et confrontés pour la première fois en 2007 .

Il faut rappeler que Magellan avait pour ordre de rejoindre par l’Ouest les Moluques, sources exclusives à l’époque du précieux girofle, et de revenir par la même voie. Magellan n’a jamais envisagé de faire un tour du monde… De toutes façons, son décès prématuré ne lui permit pas de le réaliser, et c’est Juan Sebastián Elcano qui en reçut les honneurs au retour de la Victoria en septembre 1522. L’exploit de Magellan est d’avoir résisté à ses hommes et aux éléments pour découvrir le détroit sud-américain qui portera son nom, et d’avoir traversé pour la première fois le Pacifique. Ce faisant, il n’a pas prouvé que la Terre était ronde, ce que tout le monde savait depuis longtemps, mais qu’elle était circumnavigable et que tous les océans communiquaient.

Sur sa biographie avant 1519, il n’est pas utile de s’attarder. On ne connaît ni la date ni le lieu de sa naissance. Toutes les hypothèses avancées sont fausses ou fragiles. On sait que son père s’appelait Ruy de Magalhães et sa mère Alda de Mesquita, et qu’il avait deux frères Duarte et Diogo de Sousa de Magalhães.

Il embarque en 1507 pour les Indes Orientales où il va combattre et se livrer à quelques négoces pendant six ans. Il s’y lie avec Francisco Serrão, le seul Portugais à atteindre les Moluques, source exclusive du girofle dans le Monde, où il va s’installer en 1512. Sa correspondance avec Magellan sera décisive dans les desseins de ce dernier.

Revenu au Portugal en 1513, il combat un temps à Azemmour au Maroc, mais insatisfait de sa condition, il part en 1517 proposer à la Couronne espagnole le grand projet qu’il a patiemment élaboré : atteindre les Moluques par l’ouest et en prendre possession. Il faut savoir que depuis le traité de Tordesillas, le monde est divisé en deux selon un méridien qui traverse l’Atlantique. À l’Ouest de ce méridien la partie espagnole, à l’Est la partie portugaise. Magellan est persuadé que les Moluques se trouvent dans la partie espagnole.

Après bien des difficultés, Magellan parvient à ses fins. Une flotte, composée de 5 nefs (Victoria, San Antonio, Trinidad, Concepción, Santiago) et de 237 hommes, quitte Sanlúcar de Barrameda, le port de Séville, le 20 septembre 1519. En comptant ceux qui montent aux Canaries et dans la baie de Rio, il y aura 242 participants : 139 « Espagnols » et des représentant de dix autres nationalités, dont 19 Français.

Le Santiago fait naufrage au sud de l’Argentine. Le détroit de Magellan est découvert et franchi entre le 21 octobre et le 22 novembre 1520. Pendant cet épisode, le San Antonio déserte et rentre à Séville le 6 mai 1521 avec 55 hommes à bord.

Cette défection sauve l’expédition. C’est une trouvaille récente. En effet les autres navires font une escale forcée de quinze jours au milieu du détroit en espérant le retour du fuyard. Pendant ce temps, les marins se gorgent de céleri sauvage, abondant et richissime en vitamine C; ils en font même des conserves dans du vinaigre. Résultat : la traversée du Pacifique, avec 166 hommes répartis sur trois vaisseaux, sera la moins mortifère de toutes les traversées du XVI ème siècle : un nouveau décompte précis fait état de 9 neufs morts, chiffre confirmé par les archives, et non 19, erreur manifeste du manuscrit de Pigafetta.

La traversée dure plus de trois mois pendant lesquels Magellan n’aperçoit que deux îlots inabordables. La flotte arrive enfin à Guam (Mariannes), où les marins peuvent se ravitailler, puis découvrir les Philippines, où ils vont errer plusieurs semaines. Lors d’une escale à Cebu le 27 avril 1521, Magellan et six compagnons sont tués en combattant les indigènes de l’île voisine de Mactan. Quatre jours plus tard, 26 autres compagnons meurent ou disparaissent lors d’un banquet à Cebu même.

Il n’y a plus que deux nefs, la Victoria et la Trinidad. Ils font escale à Palawan puis à Bruneï et finissent par aborder Tidore aux Moluques le 8 novembre 1521. Après avoir embarqué chacun leur chargement de girofle, les deux navires se séparent : la Victoria rentre par l’Ouest avec 47 Européens et 13 Moluquois ; la Trinidad par l’Ouest avec 50 hommes.

La Trinidad est décimée par le scorbut et doit faire demi-tour. Le navire est arraisonné par les Portugais aux Moluques.

La Victoria, commandée par Elcano, fait escale à Timor, puis au Cap-Vert où 12 Européens et 1 Moluquois sont faits prisonniers. Elle arrive à Sanlúcar le 6 septembre 1522, puis le 8 à Séville. À bord : 18 Européens et 3 Moluquois. Mais il ne faut pas oublier les prisonniers du Cap-Vert, qui rentrent quelques semaines plus tard, et même 5 autres de la Trinidad qui retrouvent Lisbonne en 1526. Au total, ce sont 35 hommes de l’expédition de Magellan qui ont accompli le tour du monde, dont un Français, Richard de Normandie, et bien sûr Pigafetta, l’auteur de la célèbre narration.

Michel Chandeigne

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